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16-03-2008
Mamadou Wane est le porte parole du comité directeur de la communauté des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Ce comité a été créé  au mois de juillet 2007 à Bokki Diawé. C’est toutes les associations et l’écrasante majorité des chefs de sites qui ont mis en place ce  comité. Il nous livre ici ses impressions. 

 

Nouakchott info: le comité c’est l’instance unique c'est-à-dire la voix autorisée des réfugiés ?

 

Mamadou Wane : oui c’est l’organe légitime des réfugiés et c’est le seul interlocuteur autorisé auprès du HCR des autorités sénégalaises et des autorités mauritanienne.

 

NI : Aujourd’hui quel est votre sentiment sur le déroulement des opérations ?

 

M W : Nous avions, à propos de la première vague, souligné des manquements mais aujourd’hui nous nous félicitons des pas qui ont été fait. En fait, pour nous il y avait un minimum d’urgence qu’il y ait de l’eau, des puits, une ou deux classes, un infirmier pour les soins primaires. C’est vrai qu’il y a d’autres exigences. Pour la première vague les autorités n’en ’avaient pas tenu compte. Heureusement que le tir a été rectifié. C’est pourquoi nous sommes là pour soutenir les candidats au retour

 

N.I : Quel est le sentiment  dans les villages par rapport au retour de la première vague ?

 

M.W : Par rapport à la première vague test, les manquements ont été nombreux mais je pense que qu’avec la sensibilisation du comité directeur nous avons fait comprendre aux gens que les choses ont été faites un peu  précipitamment sans tenir compte des réalités du terrain. Mais les ratés pourront être corrigés à l’avenir.

 

N.I : Comment conseillez vous les réfugiés qui ne veulent pas rentrer du tout ?

 

M.W :l’écrasante majorité des réfugiés est pour le retour et au sein du comité nous travaillons dans ce sens. Parce que si  les gens sont restés 18ans dans les camps c’est qu’ils sont très attachés à leur mauritanité et ils tiennent à rentrer. Certainement on peut avoir  des cas individuels qui, pour une raison ou pour une autre  veulent désormais rester au Sénégal, mais la majorité veut rentrer au pays.

 

NI : Au niveau du comité vous faites un plaidoyer pour le retour organisé ?

 

M.W : Nous notre rôle est de faire comprendre aux gens qu’il y a une opportunité à saisir pour rentrer chez soi. Avec l’appel du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah tout équivoque est levé et nous allons collaborer pleinement pour que le processus aboutisse ; le premier travail du comité est de sensibiliser les réfugiés pour qu’ils rentrent  et leur faire comprendre qu’aujourd’hui cela est possible.

 

NI : S’il fallait résumer, donner des exemples très concrets des choses sur lesquelles les réfugiés ont besoin d’être rassurés ce serait quoi ?

 

MW : Ce serait par rapport aux terres, aux villages, à l’indemnisation car beaucoup d’entre eux étaient des éleveurs et au moment des déportations ils ont perdu tout leur bétail. Donc là c’est un volet important mais nous savons que tout ne peut être fait du jour au lendemain. C’est un processus au niveau de l’état qui ne doit pas être négligé.

Propos recueillis par Housseinou M'Bareck Diarra 

Dernière mise à jour : ( 03-04-2008 )
 
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